Quand l'utiliser ?
Vous voulez ACHETER un titre, mais à un prix inférieur au cours actuel. Vous avez le cash disponible. Vous cherchez à monétiser votre attente d'entrée. Vous acceptez deux résultats : (a) encaisser une prime sans acheter, (b) acheter au prix décoté que vous vouliez.
Quand l'éviter ?
Marché en effondrement (le titre peut tomber bien sous votre strike — vous serez assigné à perte non réalisée). Compte trop petit pour bloquer le strike × 100. Vous ne voulez PAS vraiment le titre — alors c'est juste un short put déguisé.
Comment ça marche
Vous VENDEZ 1 put. Vous BLOQUEZ strike × 100 en cash dans votre compte (collatéral). Vous encaissez la prime × 100.
À l'expiration :
• Titre AU-DESSUS du strike : put expire OTM. Le cash est libéré. Vous gardez 100 % de la prime. ROI = prime / cash bloqué.
• Titre SOUS le strike : vous êtes ASSIGNÉ. Le cash bloqué sert à acheter 100 actions au strike. Vous détenez maintenant les actions à un prix net = strike − prime.
Différence vs short put margé : pas de risque de margin call. Le pire scénario est de devenir propriétaire d'un titre que vous vouliez déjà acheter, à un prix décoté.
Exemple concret — wheel sur MSFT
MSFT à 420 $. Vous voulez l'acheter mais vous visez 400 $. Vous vendez un put strike 400, prime 4 $, 30 jours.
Cash bloqué : 400 × 100 = 40 000 $.
Prime encaissée : 400 $.
À l'expiration dans 30 jours :
• MSFT à 410 $ → put OTM. Cash libéré. Vous gardez 400 $. ROI = 1 % en 30 jours = ~12 % annualisé.
• MSFT à 400 $ → ATM. Idem.
• MSFT à 396 $ → break-even. P&L = 0 (assigné à 400, vaut 396, prime compense).
• MSFT à 380 $ → assigné. Vous achetez 100 MSFT à 400 $. Prix net = 396 $ (avec prime). Position en perte papier de 1 600 $ mais vous détenez un titre que vous vouliez à un prix avantageux.
Étape suivante du wheel : vous vendez maintenant un covered call sur vos 100 MSFT (voir page covered call).
Choix du strike — où placer le seuil
Vous voulez le strike au prix où vous DEVIENDRIEZ acheteur volontiers, pas le prix actuel.
Règle de pouce :
• Strike 5-10 % sous le cours actuel : prime modeste mais haute probabilité d'expirer OTM.
• Strike 10-15 % sous : prime substantielle, vraie zone "support" où vous devenez acheteur convaincu.
• Strike 15-20 % sous : prime généreuse mais signal que vous doutez du titre — vérifiez votre thèse.
Si vous placez le strike juste sous un niveau de support technique fort, vous maximisez les chances que le titre rebondisse avant assignement.
Annualisation du rendement
La métrique clé d'un cash-secured put : ROI annualisé sur capital immobilisé.
Formule simple : (prime / strike) × (365 / DTE) × 100
Exemple : prime 4 $ sur strike 400, 30 jours :
(4 / 400) × (365 / 30) × 100 = 12.2 %/an
Excellent : > 15 %/an
Bon : 10-15 %/an
Moyen : 6-10 %/an
Insuffisant : < 6 %/an (autant rester en cash dans un compte épargne)
Note : ce rendement n'est pas garanti — c'est le scénario où le put expire OTM. Si assigné, vous devenez un actionnaire long-terme et le rendement se calcule différemment.
Erreurs classiques à éviter
❌ **Vendre sur titres dont vous n'aimez pas la thèse.** Le but n'est pas la prime, c'est d'acquérir un titre. Si vous ne voulez pas vraiment le titre, c'est du pure speculation.
❌ **Vendre avant earnings.** IV élevée = prime grasse, mais aussi probabilité élevée de mouvement violent qui vous met deep ITM.
❌ **Vendre sur titres en chute libre.** Vous attrapez un couteau qui tombe. La prime semble belle, mais le titre peut continuer à baisser 40 % après votre assignement.
❌ **Trop concentrer sur un titre.** Si vous vendez 5 contrats CSP sur AAPL, vous engagez 92 500 $ sur un seul titre. Diversifiez.
❌ **Ignorer le risque corrélation portfolio.** Vendre des CSP sur 10 banques canadiennes en même temps = exposition sectorielle massive lors d'un crash bancaire.
⚠ Avertissement AMF
Les options sont des produits dérivés à risque élevé. Les pertes peuvent excéder le capital initialement engagé (notamment pour les positions short non-couvertes). Polaris fournit du contenu éducatif uniquement — ce n'est pas un conseil en placement. Consultez un conseiller enregistré (AMF) avant toute décision et assurez-vous d'avoir l'autorisation de niveau approprié auprès de votre courtier.