Aucun prérequis. De quoi comprendre ce qu’on achète.
Ce qu’est une action
FondationsUn morceau d’entreprise, pas un billet de loterie.
Acheter une action, c’est devenir copropriétaire d’une entreprise — d’une fraction minuscule, mais réelle. Ce que vous possédez, ce n’est pas un ticket dont le prix monte ou descend au hasard : c’est un droit sur les profits futurs de cette entreprise, et un droit de vote proportionnel. Le prix bouge parce que l’avis du marché sur ces profits futurs bouge.
Aller plus loin
Une action est un titre de propriété résiduel : les actionnaires sont payés APRÈS les fournisseurs, les employés, les créanciers et le fisc. C’est ce rang de dernier servi qui explique à la fois le rendement attendu supérieur et le risque supérieur — on ne touche que ce qui reste. En cas de liquidation, la même hiérarchie s’applique, et il ne reste généralement rien. C’est pourquoi la structure de dette d’une entreprise change radicalement le risque porté par ses actionnaires, à activité identique.
L’erreur classique
Croire qu’un prix bas signifie « pas cher ». Le prix d’une action ne veut rien dire seul : une action à 5 $ peut être plus chère qu’une action à 500 $, tout dépend du nombre d’actions en circulation et des profits de l’entreprise.
La capitalisation boursière
FondationsLe prix de l’entreprise entière, pas celui d’une action.
La capitalisation, c’est le prix d’une action multiplié par le nombre d’actions. C’est ce que coûterait l’entreprise entière si on l’achetait au prix du marché. C’est le seul chiffre qui permet de comparer deux entreprises : le prix d’une action, lui, dépend uniquement du nombre de parts en lesquelles on a découpé le gâteau.
Aller plus loin
La capitalisation ignore la dette. Pour comparer deux entreprises dont l’une emprunte massivement, on utilise la valeur d’entreprise : capitalisation + dette nette. Racheter une société endettée, c’est aussi reprendre sa dette — le vrai prix d’acquisition. C’est pour cette raison que des multiples comme EV/EBITDA sont préférés au P/E dans les secteurs à fort levier : ils comparent ce qui est réellement payé, pas seulement la part revenant aux actionnaires.
L’erreur classique
Comparer les capitalisations de deux entreprises de secteurs différents comme si c’était une mesure de qualité. Une banque et un éditeur de logiciels de même taille n’ont rien de comparable — ni la structure de bilan, ni la façon dont le profit se forme.
Le dividende
FondationsUne part du profit versée, pas un intérêt garanti.
Un dividende est une portion du profit qu’une entreprise choisit de verser à ses actionnaires plutôt que de la réinvestir. Ce n’est pas un intérêt : rien ne l’oblige à le verser, et il peut être réduit ou supprimé du jour au lendemain. Le jour du détachement, le prix de l’action baisse mécaniquement du montant versé — l’argent sort de l’entreprise pour aller dans votre poche.
Aller plus loin
Le taux de distribution rapporte le dividende au bénéfice : au-delà de 80 %, l’entreprise verse presque tout ce qu’elle gagne et n’a plus de marge si les profits fléchissent. Un rendement de dividende anormalement élevé est le plus souvent le symptôme d’un prix qui s’est effondré, pas d’une générosité particulière — le rendement étant un rapport, il grimpe quand son dénominateur chute. Vérifier la couverture par les flux de trésorerie disponibles, et non par le bénéfice comptable, évite l’essentiel des mauvaises surprises.
L’erreur classique
Choisir un titre pour son rendement de dividende affiché. C’est le calcul le plus facile à faire et le plus trompeur : un rendement de 12 % signale presque toujours que le marché anticipe une coupe.
Les intérêts composés
PortefeuilleLe temps fait plus de travail que le rendement.
Les gains produisent eux-mêmes des gains. Placer 10 000 $ à 7 % ne rapporte pas 700 $ par an indéfiniment : la deuxième année, les 700 $ travaillent aussi. Sur trente ans, la somme est multipliée par plus de sept — et la plus grande partie de cette croissance survient dans le dernier tiers de la période.
Aller plus loin
La croissance est exponentielle, donc la durée pèse davantage que le taux. Passer de 6 % à 7 % sur trente ans améliore le résultat d’environ un tiers ; ajouter dix ans au même taux le double presque. C’est aussi pourquoi les frais annuels coûtent bien plus que leur pourcentage n’en donne l’impression : 1 % de frais sur trente ans n’ampute pas 1 % du résultat mais près d’un quart, puisqu’il retire chaque année une part du capital qui aurait composé.
L’erreur classique
Interrompre la composition. Sortir puis revenir, même brièvement, coûte beaucoup plus que la baisse évitée dans la plupart des cas — parce que les meilleures séances se produisent statistiquement tout près des pires.
La diversification
PortefeuilleRéduire le risque qu’on n’est pas payé pour prendre.
Détenir vingt titres plutôt qu’un seul ne réduit pas le rendement attendu, mais réduit fortement l’amplitude des écarts. La raison est simple : les mauvaises surprises propres à une entreprise — un rappel de produit, un procès, un dirigeant qui part — ne surviennent pas toutes en même temps.
Aller plus loin
On distingue le risque spécifique, propre à une entreprise, du risque de marché, qui frappe tout le monde ensemble. Seul le premier se diversifie ; le second demeure quel que soit le nombre de lignes. C’est la raison pour laquelle la théorie ne rémunère PAS le risque spécifique : puisqu’il peut être supprimé gratuitement en ajoutant des titres, personne ne paie pour le supporter. L’essentiel du bénéfice est atteint autour de vingt à trente titres décorrélés ; au-delà, on ajoute surtout de la complexité.
L’erreur classique
Confondre nombre de lignes et diversification. Quinze titres technologiques américains, c’est une seule position déguisée en quinze — ils tombent ensemble.
Ordre au marché ou à cours limité
Fonctionnement du marchéChoisir entre l’exécution certaine et le prix certain.
Un ordre au marché s’exécute tout de suite, au prix disponible — vous êtes sûr d’être servi, pas du prix. Un ordre à cours limité fixe le prix maximal que vous acceptez de payer — vous êtes sûr du prix, pas d’être servi. Sur un titre peu échangé, la différence entre les deux peut être considérable.
Aller plus loin
Le carnet d’ordres empile les intentions par niveau de prix. Un ordre au marché consomme les niveaux successifs jusqu’à être rempli : sur un titre illiquide, un gros ordre remonte le carnet et dégrade son propre prix moyen — c’est le glissement. L’écart entre le meilleur acheteur et le meilleur vendeur constitue un coût implicite payé à chaque aller-retour, souvent supérieur à la commission elle-même sur les titres peu traités.
L’erreur classique
Passer un ordre au marché à l’ouverture ou à la fermeture. Ce sont les moments où les écarts sont les plus larges et les prix les plus instables.
L’inflation et le rendement réel
RisqueCe qui compte, c’est le pouvoir d’achat qui reste à la fin.
Un placement qui rapporte 5 % pendant que les prix montent de 3 % ne vous enrichit que de 2 %. Le rendement réel, c’est le rendement une fois l’inflation retirée — c’est le seul qui mesure un vrai gain de pouvoir d’achat.
Aller plus loin
L’inflation frappe inégalement les actifs. Une obligation à taux fixe est structurellement vulnérable : ses versements sont nominaux et fondent en valeur réelle. Une entreprise capable de relever ses prix sans perdre de clients transmet l’inflation à sa clientèle et protège ses marges — c’est une manifestation directe du pouvoir de fixation des prix. Les actifs à durée longue souffrent davantage, parce qu’une hausse des taux réduit plus fortement la valeur actualisée de flux éloignés.
L’erreur classique
Juger un placement sur son rendement nominal. Une décennie à 8 % avec 7 % d’inflation enrichit moins qu’une décennie à 3 % avec 1 %.